Association de malfaiteurs, vol en réunion… : La fille de Alioune Mbaye Nder et sa bande risquent la prison à vie

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La Chambre criminelle de Dakar a jugé, hier, une histoire digne d’un film hollywoodien. C’est le quotidien Source A qui revient très largement, dans sa parution du jour, sur cette rocambolesque affaire.

La trame de l’histoire avait les relents d’un film d’action dont les acteurs étaient Adja Ndèye Mbaye, Amadou Sow, Ablaye Dione, Ibrahima Ngom, Ameth Bangoura et Fodé Diakhaté.

Ces derniers, poursuivis pour association de malfaiteurs, vol en réunion avec usage de véhicule, d’arme et de violence ayant entraîné une incapacité temporaire de travail de 7 jours au préjudice de Mouhamadou Moustapha Diagne, ont été appelés, hier, à la Chambre criminelle de Dakar.
Cette affaire, qui s’est déroulée au courant de l’année 2019, avait fait le tour des médias car impliquant la fille du célèbre chanteur Alioune Mbaye Nder.
Adja Ndèye Mbaye a été désignée comme étant la commanditaire de l’agression du commerçant Mouhamadou Moustapha Diagne alias Selfie.

En effet, il ressort de l’enquête menée par les éléments de la Section de Recherches que Adja Ndèye Mbaye avait mûri un projet criminel d’agresser son ami Mouhamadou Moustapha Diagne qui avait toujours par dévers lui de fortes sommes d’argent et des téléphones portables.


Elle s‘en est alors  ouverte à son petit ami, Amadou Sow, qui a porté le projet. Celui-ci est allé voir Ameth Bangoura qui, à son tour, l’a mis en relation avec un certain El Hadji, sans autres précisions.

Ainsi a commencé le recrutement. El Hadj, qui connaît les personnes réputées être des agresseurs à Grand Yoff, a engagé Abdoulaye Dione, Ibrahima Ngom et Fodé Diakhaté.

C’est ainsi que, le jour des faits, raconte le plaignant, la fille de Mbaye Nder l’a appelé tôt le matin pour lui demander de la déposer à l’hôpital Principal. Ce qu’il a accepté sans problème.

«Arrivés au rond-point Ngor, elle a répondu à un appel, donnant à son interlocuteur notre position géographique, près de la mosquée de la divinité. Quand je lui ai demandé qui était à l’autre bout du fil, elle m’a répondu que c’était sa mère.»


Poursuivant le récit de sa mésaventure, le surnommé Selfie soutient que Adja Ndèye Ndiaye Mbaye a subitement simulé des maux au niveau de son orteil prétextant avoir cogné son lit la veille et gémissait de douleur.

«Je lui ai ainsi demandé de descendre de la moto pour étendre un peu sa jambe. Mais, dès qu’on est descendus, un scooter à bord duquel étaient montés 3 garçons a garé et ces derniers m’ont attaqué. L’un m’a poignardé avec son couteau et l’autre m’a donné un coup à l’aide de la bouteille de pompe à gaz qu’il détenait tandis que l’autre me dépouillait de mes biens. Ils ont pris mon sac et pris la fuite».

Selon la partie poursuivante, son préjudice est estimé à plus de 3.000.000 de francs ; Alioune Mbaye Nder lui a remis 1.100.000 francs, par l’entremise de son avocat.


Désignée instigatrice de l’agression, Adja Ndèye Mbaye, âgée de 21 ans, a balayé d’un revers de main toutes les accusations portées sur elle.  À l’en croire, elle n’a jamais mûri un plan avec ses coaccusés.

Toutefois, elle avoue avoir parlé avec son ex-petit ami et non moins père de son enfant, Amadou Sow, de la partie civile.

«C’est avec Amadou Sow qui était mon copain d’alors que j’ai parlé de Mouhamadou Moustapha Diagne dit Selfie. Je lui ai fait savoir que celui-ci me draguait. Au début, on n’a pas parlé d’agression mais il était convenu de lui tendre un piège», argue-t-elle.

Revenant au jour des faits, l’accusée indique que c’est la partie civile qui l’a appelé tôt le matin et elle en a profité pour lui demander de la déposer à l’hôpital principal.

« En cours de route, il a cogné mon orteil. Vu qu’il saignait, il m’a demandé de descendre de la moto pour voir. C’est à ce moment que les assaillants sont venus», narre l’accusée qui révèle s’être mariée dès qu’elle a obtenu une liberté provisoire.

Non sans emboucher la trompette sur sa relation particulière avec Amadou Sow : « Mes rapports avec la victime sont purement amicaux. Par contre, Amadou Sow, j’ai eu avec lui un enfant en 2017. À l’époque, j’avais 16 ans et nous étions élèves tous les deux. Après la naissance de notre enfant, nous avons continué à nous fréquenter».


«Adja est venue me voir et m’a dit qu’il avait donné de l’argent à la partie civile, afin qu’elle lui achète un téléphone et que celle-ci, après avoir encaissé son argent, refuse de lui donner le téléphone et le fait chanter. Je lui ai dit que je vais le dire à mon copain qui s’appelle Ahmed Bangoura mais ce dernier et moi n’avons jamais parlé de piège», dira Amadou Sow.

Quant aux autres accusés, ils ont partiellement reconnu les faits de vol avec usage de véhicule et de violence pour lesquels ils comparaissent.

À les en croire, c’est bien eux qui ont soustrait le sac contenant des téléphones du plaignant, mais n’ont pas exercé des violences sur lui.

Tous les trois ont également reconnu avoir reçu leur part du butin, soit 250.000 francs chacun. Ameth Bangoura le présumé recruteur d’agresseur, lui, dit n’avoir reçu que 10.000 francs.

Dans ses plaidoiries, le conseil de la partie civile, Me Djig,o n’a pas raté la fille de Alioune Mbaye Nder car, fustige-t-il, son acte contraste violemment avec celui des femmes de Nder.

«Le 1er octobre 2019, coïncidait avec un mardi.  Adja Mbaye Nder n’a pas fait comme les femmes de Nder parce qu’elle n’a trouvé mieux à faire ce mardi que de perpétrer une agression».

Des propos qui, du reste, détendaient l’atmosphère austère qui régnait à la salle 4 de la Chambre criminelle. Par ailleurs, la robe noire a réclamé un dédommagement de 10.000.000 de francs Cfa.


Pour le représentant du Ministère public, les faits reprochés aux accusés leurs sont imputables car il y a suffisamment d’éléments de preuves qui militent en faveur de leur culpabilité.

À cet effet, le substitut du procureur a requis contre eux la réclusion criminelle à perpétuité. Réquisitoires que les conseils des accusés jugent exagérés.

Ainsi, ils ont sollicité une application bienveillante de la loi pénale. L’affaire est mise en délibéré au 17 mai prochain.

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