En lançant son troisième porte-avion, la Chine affiche sa “puissance militaire croissante”

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L’événement avait été reporté à deux reprises. Le “Fujian” a finalement été mis à l’eau ce vendredi 17 juin. Un moment décisif dans les efforts de modernisation de la marine chinoise.

En fin de matinée, ce vendredi 17 juin, après avoir été “baptisé au champagne”, le Fujian “a lentement quitté la cale n° 4 du chantier naval de Jiangnan”, à Shanghai, raconte le journal hongkongais South China Morning Post. “Des slogans politiques écrits en grands caractères chinois blancs sur fond rouge ornaient des abris sur le pont, apparemment pour protéger les catapultes [dispositifs qui permettent le lancement d’avions sur de courtes distances] . On y lisait : ‘Fournir une puissance de combat – Se battre pour construire une marine de classe mondiale’.”

Avec ses 80 000 tonnes, le Fujian est le premier des trois porte-avions chinois “à être entièrement conçu et construit dans le pays”, souligne le magazine Nikkei Asia. Et surtout, il sera le premier à être équipé de catapultes électromagnétiques. “Le nouveau système, similaire à ceux utilisés par les porte-avions américains, permettra à la Chine de lancer une plus grande variété d’avions depuis le Fujian, plus rapidement et avec davantage de munitions”, précise CNN sur son site Internet.

Plus grande force navale du monde

Il faudra encore attendre des années avant que le porte-avions soit véritablement opérationnel, notait au début du mois le Center for Strategic and International Studies, un cercle de réflexion basé à Washington, dans un article cité par Nikkei Asia. Il n’en estimait pas moins que “son lancement [serait] un moment décisif dans les efforts de modernisation de la Chine et un symbole de la puissance militaire croissante du pays”.

Un lancement qui répond surtout à “l’ambition du président Xi Jinping de moderniser entièrement les forces armées du pays d’ici 2035”, reprend le magazine japonais. “La Chine possède déjà la plus grande marine du monde en nombre de navires de guerre, écrit le South China Morning Post, mais la majeure partie de sa flotte est constituée de classes de navires plus petits.” D’ici à 2035, Pékin prévoit de se doter de six groupes aéronavals, dont quatre avec des porte-avions à propulsion nucléaire.

Cette course à l’armement survient “dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes avec les États-Unis” dans la région indo-pacifique, comme le rappelle CNN, et notamment autour de Taïwan, que Pékin considère comme une province renégate appelée à rejoindre son giron. Tous les porte-avions chinois portent le nom d’une province. Or celle du Fujian, relève le média américain, est la plus proche de Taïwan, dont “elle n’est séparée, à son point le plus étroit, que par un détroit de moins de 130 kilomètres”.

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