L’immigration clandestine demeure l’un des phénomènes sociaux les plus préoccupants de notre époque, particulièrement en Afrique de l’Ouest. Chaque année, des milliers de jeunes prennent la mer ou traversent le désert au péril de leur vie, poussés par l’absence d’opportunités économiques, le chômage, le sous-emploi et le manque de reconnaissance de leurs compétences. Derrière chaque départ se cache un espoir, mais aussi une réalité souvent tragique faite de pertes humaines, de familles endeuillées et de trajectoires brisées.
Au Sénégal, cette problématique est exacerbée par la rareté des ressources financières et l’inadéquation entre les compétences existantes et les besoins du marché du travail formel. Pourtant, de nombreux jeunes exercent déjà des métiers essentiels dits « métiers en tension » tels que la pêche, l’agriculture, le bâtiment, l’hôtellerie-restauration ou l’aide à la personne. Ces métiers, bien que porteurs, restent peu valorisés et rarement certifiés, ce qui limite fortement l’employabilité locale et internationale des acteurs concernés.
Face à cette situation, la coopération internationale apparaît comme une réponse structurante et durable. Le partenariat entre la commune de Cayenne et la commune de Rufisque Ouest illustre une nouvelle approche fondée sur le développement économique et social partagé.
À travers le projet d’« Accompagnement VAE des métiers dits en tension »financé par le Cabinet
MEWI FINANCES , en partenariat avec sasu weetel koajob et Kimya Services , ce projet ambitionne de lutter efficacement contre l’immigration clandestine en proposant une alternative crédible : la reconnaissance officielle des compétences par la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE).
Ce projet vise à transformer l’expérience informelle des jeunes en certification reconnue, notamment sur le territoire français. En offrant un accompagnement structuré, assuré par des formateurs experts et des institutions spécialisées, il permet aux bénéficiaires de sécuriser leur parcours professionnel, d’accéder à une meilleure insertion socio-économique et d’envisager, le cas échéant, une immigration régulière et encadrée. Ainsi, la mobilité n’est plus subie ni risquée, mais choisie, préparée et conforme aux cadres légaux.
Au-delà de la certification, l’initiative contribue au renforcement des capacités locales, à la dynamisation des territoires ciblés (Rufisque Ouest, Mbour, Ziguinchor, Kaolack) et à la valorisation des métiers souvent délaissés. Elle mobilise institutions publiques, secteur privé et société civile autour d’un objectif commun : offrir des perspectives concrètes à la jeunesse et réduire les causes profondes de l’immigration clandestine.
En définitive, lutter contre l’immigration clandestine ne peut se limiter à des mesures sécuritaires. La solution réside dans l’investissement humain, la reconnaissance des compétences, la formation qualifiante et la coopération entre territoires. Donner un avenir aux jeunes chez eux ou dans un cadre migratoire régulier, c’est préserver des vies, renforcer les économies locales et bâtir un développement plus juste et solidaire.
Par Mambaye ndiaye
