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Home»A LA UNE»Mort d’Astou Sokhna au Sénégal : trois sages-femmes condamnées pour « non-assistance à personne en danger »
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Mort d’Astou Sokhna au Sénégal : trois sages-femmes condamnées pour « non-assistance à personne en danger »

adminBy admin13 mai 2022Aucun commentaire4 Mins Read
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A woman holds a sign during a sit-in to demand justice for Astou Sokhna and call for a more humane and patient-friendly health care system at the Place de la Nation in Dakar on April 23, 2022. Astou Sokhna, then 9 months pregnant, died on April 1, 2022 in a public hospital in the city of Louga, in northern Senegal. Six midwives suspected of negligence have been charged. - A demonstration was organized on Saturday in Dakar to "demand justice", after the death in a public hospital of a pregnant woman who moved the country. A hundred people gathered at the call of the civil society collective "Patients in danger" on the Place de l'Obélisque, in the popular district of Colobane. (Photo by CARMEN ABD ALI / AFP)
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Le décès de cette femme, qui avait vainement attendu une césarienne à l’hôpital de Louga, avait suscité une vague d’indignation contre les carences du système de santé.

Trois sages-femmes ont été condamnées par un tribunal sénégalais, mercredi 11 mai, à six mois de prison avec sursis pour « non-assistance à personne en danger », après le décès dans un hôpital public d’une femme enceinte ayant vainement attendu dans de très grandes souffrances une césarienne et dont le sort tragique a bouleversé le pays. Trois autres sages-femmes, également jugées par ce tribunal de Louga (nord), ont été relaxées. Ce drame avait suscité sur les réseaux sociaux une vague d’indignation contre les carences du système de santé publique au Sénégal et avait provoqué des réactions au plus haut niveau de l’Etat.

Selon la presse locale, Astou Sokhna, mariée et enceinte de 9 mois, est décédée à l’hôpital de Louga le 1er avril après ce que les journalistes ont présenté comme une longue agonie et un déni de soin. La jeune femme, qui avait 34 ans selon un avocat de la partie civile, avait attendu pendant une vingtaine d’heures la césarienne qu’elle réclamait. Le personnel aurait refusé sa demande, arguant que son opération n’était pas prévue, et aurait menacé de la chasser si elle insistait.

Lire aussi : Au Sénégal, tollé après la mort tragique d’une femme enceinte à l’hôpital

Mercredi matin, le jugement a été prononcé en présence des six prévenues et de nombreuses agentes de santé venues apporter leur soutien à leurs collègues poursuivies, ont constaté des journalistes de l’AFP. Les trois femmes condamnées étaient de garde la nuit où Astou Sokhna a été admise à l’hôpital, a indiqué un de leurs avocats, Abou Abdou Daff. Les trois autres étaient de garde pendant la journée. Lors du procès, le 27 avril, le parquet avait requis un an de prison, dont un mois ferme, contre quatre des six prévenues, et la relaxe pour les deux autres.

« Nous ne contestons pas, bien que nous ayons le cœur meurtri, mais nous nous attendions sérieusement à un autre [jugement] », a confié le mari de Mme Sokhna, Modou Mboup, présent dans la salle d’audience au moment du verdict : « Personnellement, je vais m’arrêter là. Les avocats [de la partie civile] vont voir s’ils vont continuer la procédure. »

Un nourrisson retrouvé vivant à la morgue

« Nous avons mis en exergue ce que tous les Sénégalais déplorent dans les hôpitaux. C’est une victoire. Si nous restons les bras croisés, il pourrait y avoir d’autres Astou Sokhna », a ajouté M. Mboup, en allusion aux accusations de « négligence » visant le personnel médical au Sénégal. Il a précisé que sa défunte épouse « respectait ses rendez-vous, l’échographie, les analyses ». La nuit du drame, « je l’ai amenée à 9 h 30 à l’hôpital », a-t-il témoigné : « A part la perfusion, je n’ai pas vu qu’on lui ait administré autre chose jusqu’à son décès, à 5 heures. Si elles [les sages-femmes] avaient fait ce qu’elles devaient faire, peut-être que ça ne se serait pas passé comme ça. »

Un avocat de la partie civile, Ameth Moussa Sall, a indiqué à l’AFP ne pas être « déçu ». « L’objectif de la partie civile n’était pas de faire condamner à de la prison ferme. Ce que nous voulions, et le tribunal nous a suivi, c’est une déclaration de culpabilité. » Il a indiqué avoir déposé mercredi une nouvelle plainte visant les six sages-femmes, une gynécologue de l’hôpital de Louga et la direction de l’établissement, ainsi que l’Etat du Sénégal, pour « homicide et faux et usage de faux ».

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Au Sénégal, les ravages de la croisade anti-IVG

Face au tollé provoqué par la mort de Mme Sokhna, le président Macky Sall avait publié un message de condoléances et donné pour instruction de déterminer les responsabilités. Le ministre de la santé, Abdoulaye Diouf Sarr, avait reconnu le 14 avril qu’avec plus de vigilance, la mort de cette femme aurait pu être évitée. Le directeur de l’hôpital a été révoqué et remplacé depuis.

Une autre affaire dans un hôpital public a fait scandale récemment. A Kaolack (centre), un nourrisson déclaré mort par une infirmière, vendredi 6 mai, puis déposé à la morgue, a ensuite été retrouvé vivant par son père quelques minutes après, avant de finalement décéder dans la journée, selon la presse locale. Le parquet a annoncé dimanche avoir ouvert une enquête. L’infirmière a été déférée mercredi au parquet après quatre jours de garde à vue.

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