Rapatriés hier du Niger : 113 Sénégalais reviennent de l’enfer

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En début de soirée hier, 113 Sénégalais se sont posés au niveau de l’Aibd, après quatre mois de galère au Niger sous des températures extrêmes.

Quel soulagement ! En foulant le tarmac de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd), les 113 Sénégalais rapatriés du Niger ont poussé un grand ouf de soulagement. Il reste une quarantaine de personnes, qui vont patienter encore quelques jours à Niamey. «Ils vont prendre des vols commerciaux», précise Adama Mbengue, président de l’Action pour les droits humains et l’amitié (Adha), qui mène le combat pour leur rapatriement depuis plusieurs semaines. «C’est un soulagement, mais l’attente a été longue. C’est énorme, même si les procédures sont longues. Notre Etat doit jouer son rôle pour qu’on soit respectés… Pendant ce temps, ils n’ont jamais vu l’ambassadeur. Il faut une diplomatie forte, qui doit jouer pleinement son rôle», poursuit l’Adha. Par ailleurs, il resterait encore plus d’une centaine d’autres migrants entre plusieurs villes du pays.

Il faut savoir que ces 154 migrants étaient bloqués au Niger pendant près de 4 mois dans un camp de l’Organisation internationale pour les migrations. Expulsés du Niger, ils étaient à Agadès et à Arlit. Pendant ces moments, le coordonnateur des migrants au Niger, Fallou Thiaw, avait décrié le manque de soutien des autorités sénégalaises. Selon la conseillère technique à la Direction générale des Sénégalais de l’extérieur : «ce retard est dû à un doute sur l’effectif réel des migrants sénégalais se trouvant à Agadès. Des vérifications ont permis d’identifier 150 Sénégalais sur les lieux», précise-t-elle.

Maguette Seck révèle que l’Etat a pris des dispositions pour l’accueil de ces compatriotes. «D’abord, une prime leur sera allouée pour leur permettre de rejoindre leur domicile. Ensuite, ils seront intégrés dans un programme de réinsertion de l’Organisation internationale pour les migrations. Ces migrants vont ainsi bénéficier de formation et de financement de l’institution onusienne», soutient-elle.

Cette décision fait suite à la révolte de ces Sénégalais, qui avaient entrepris une marche de protestation sur le sol nigérien entre Agadès et Niamey pour rencontrer l’ambassadeur du Sénégal à Niamey. Mais, ils ont été convaincus par les autorités locales d’y renoncer à cause des températures extrêmes et la distance entre les deux villes. C’était le 19 septembre dernier. Après, toutes les procédures se sont accélérées jusqu’à l’affrètement hier d’un vol charter pour les rapatrier grâce à l’Oim.

Il y a quelques jours, las de rester dans cette situation d’incertitude, 10 migrants ont pris la route pour revenir au Sénégal. «Aux dernières nouvelles, ils étaient à Bamako (hier). Leurs familles ont décidé de leur envoyer de l’argent», note M. Mbengue, joint par téléphone hier dans la soirée.
justin@lequotidien.sn

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