Une émigrée grugée de 12 millions par un charlatan

0
39

Né en 1972, M. M. Dème n’est plus libre de ses mouvements. Placé sous mandat de dépôt le 14 mars dernier, il est accusé d’avoir usé de pratiques mystiques pour soutirer 12,7 millions de francs à une émigrée vivant en Italie. 

C’est une relation vieille de 15 années qui vient de voler en éclats avec cette histoire d’escroquerie portant sur 12,7 millions de francs. Immigrée vivant en Italie, B. Fall a connu le marabout, M. M. Dème par l’intermédiaire de son ex-mari en 2006. Elle sollicitait régulièrement ses prières pour avoir un commerce florissant et assurer un bel avenir à ses enfants. En 2019, Dème rejoint sa cliente en Italie, épouse son amie et choisit B. Fall comme première « Ndieuké (marraine). Mais, courant avril 2021, celle-ci était contrainte de rentrer au Sénégal pour se soigner, après avoir fait recours à la médecine moderne sans succès, elle a contacté son marabout attitré qui promet de la guérir. A cet effet, M. M. Dème avait remis à sa patiente des bains mystiques qu’elle devait utiliser durant une semaine. Le duo s’est ensuite rendu au village de la dame à Saint-Louis pour verser du lait caillé dans le lac. Une fois à Dakar, le charlatan dit à sa cliente qu’il avait besoin d’une chambre pour sa retraite spirituelle. Sans tarder, B. Fall loue une chambre à Cambérène. Puis, elle accompagne le charlatan à la plage de ladite localité et verse du lait caillé dans la mer. Pendant ce temps, Dème égrenait son chapelet. Après une vingtaine de minutes, il conduit sa victime présumée dans la chambre et fait ses incantations à haute voix. Soudain, la mère de famille entend une autre voix qui la somme de se plier aux quatre volontés du charlatan, à défaut de quoi elle perdrait un œil ou son fils allait mourir. Occasion saisie par l’imposteur pour réclamer à l’émigrée d’importantes sommes d’argent pour les sacrifices. « Je lui ai versé en premier lieu 400.000 francs, puis 900.000 francs pour l’achat d’un chameau, 520.000 francs pour l’acquisition d’un panier de colas…J’ai vendu mes bijoux en or et contracté deux prêts de 3 millions francs et 3,5 millions francs », a confié la partie civile hier, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar.

Forte corpulence, teint noir, le prévenu n’a reconnu qu’avoir reçu 3 millions francs pour les offrandes. Il précise que la partie civile voulait avoir un business florissant et blinder mystiquement ses enfants. « J’ai des connaissances tirées du Saint Coran. Je ne fais pas de magie noire », s’est-il dédouané.

Assurant la défense des intérêts de la partie civile, Me El Mamadou Ndiaye a réclamé 17 millions FCFA, à titre de dommages et intérêts. Le substitut du procureur ayant requis l’application de la loi, la défense a sollicité la relaxe. L’affaire est mise en délibéré au 6 avril prochain.

Leave a reply