Agression sur le commandant du port : 4 anciens militaires invalides traînés en justice

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Quatre membres de l’association des Anciens militaires invalides du Sénégal (Anamis) ont été jugés hier, pour participation à un attroupement non armé, mise en danger de la vie d’autrui, violence et voie de fait. Les prévenus avaient agressé le commandant du port urbain avec une bouteille d’essence enflammée lors d’une manifestation non autorisée. Ils ont servi la nation au péril de leur vie, mais la vie des anciens militaires invalides est souvent stressante. Ils investissent régulièrement la rue pour réclamer une augmentation de leurs pensions.
Mardi dernier, les forces de l’ordre avaient encerclé l’Office nationale des anciens combattants quand ils ont eu vent de leur manifestation non autorisée. Mais, c’était sans compter avec la détermination des ex-soldats qui avaient lancé des pneus brûlés sur la chaussée pour faire reculer les policiers.

C’est dans ces circonstances que ces derniers avaient gazé les manifestants et interpellé trois d’entre eux. Pour faire libérer ses frères d’armes, Doudou Sy avait jeté une bouteille d’essence enflammée en direction du commandant du port urbain, Pape Diène Dione qui, après avoir esquivé la bouteille, s’est engouffré dans l’office pour faire entendre raison les manifestants.

Mais, Ousseynou Fall lui a administré un coup de poing. Poursuivis pour participation à un attroupement non armé, mise en danger de la vie d’autrui, violence et voie de fait, Doudou Sy, Ousseynou Fall, El Hadji Mamadou Nago Diop et Abdou Khassim Diouf ont été jugés hier, par le tribunal des flagrants délits de Dakar. Né en 1965, le premier nommé a contesté énergiquement avoir détenu la bouteille d’essence.

« J’avais demandé à mes camarades de surseoir à la manifestation. C’est Mamadou Nago qui s’était emparé de la bouteille d’essence. Il est sujet à des troubles psychiques de même qu’Ousseynou Fall », a-t-il confié.

Ousseynou Fall a soutenu que les limiers avaient lancé des grenades lacrymogènes dans leur siège. Furieux, il s’est rapproché du commandant pour le dénoncer. Mais, celui-ci lui a asséné un violent coup de poing au menton. « Je n’ai fait que riposter », défend-il. El Hadj Mamadou Nago Diop, 44 ans, a reconnu avoir versé de l’essence sur les pneus, avant d’y mettre le feu.

« C’est l’arrestation de nos trois camarades qui avait attisé notre colère », s’est-il justifié. Dans ses réquisitions, le maître des poursuites a requis un an, dont un mois ferme contre les prévenus, après avoir demandé la relaxe pour le chef de participation à un attroupement non armé.

Car, affirme-t-il, les mis en cause étaient confiné dans leur siège même s’ils avaient l’intention de manifester sur la voie publique. La défense s’est rapportée à la sagesse du tribunal qui a condamné les prévenus à un mois de prison avec sursis pour mise en danger, violence et voie de fait à agent dans l’exercice de ses fonctions ?

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