Et si les chiffres de la croissance économique n’étaient qu’une illusion masquant les véritables réalités du continent africain ? C’est le paradoxe central qu’interroge le Dr Cheikh Kanté dans son nouvel ouvrage intitulé « L’arbre qui cache la forêt : De l’illusion de la croissance à l’émancipation structurelle de l’Afrique ». Préfacé par les éminents économistes Jean-Hervé Lorenzi et Christian de Boisseau, ce livre propose une déconstruction rigoureuse des modèles de développement appliqués à l’Afrique depuis les indépendances.
Ancien Directeur général du Port autonome de Dakar et ancien ministre d’État, le Dr Cheikh Kanté allie dans cet essai une solide expérience de la haute administration publique à une réflexion théorique de premier ordre. Dans cette analyse ambitieuse, l’auteur dresse un constat sans concession : malgré des performances macroéconomiques souvent saluées, le continent continue de faire face à une pauvreté multidimensionnelle, un chômage persistant et une forte dépendance technologique et financière. Pour le Dr Cheikh Kanté, l’arbre représente ces chiffres macroéconomiques que l’on contemple, tandis que la forêt désigne les transformations structurelles et productives qu’il reste à accomplir.
Vers le Modèle de Croissance par Émancipation Structurelle (MCES)
Revisitant les grandes théories économiques — des classiques aux néoclassiques, en passant par les théories de la dépendance et de la croissance endogène —, l’auteur interroge les limites des cadres conceptuels traditionnels. Mais loin de se cantonner à la critique, l’ouvrage formule une proposition théorique inédite : le Modèle de Croissance par Émancipation Structurelle (MCES).
Ce concept invite à penser la croissance non comme une fin en soi, mais comme un levier capable de transformer simultanément la production, la productivité, le capital humain, les institutions et l’insertion internationale. L’objectif ultime est d’offrir aux peuples africains la capacité de produire davantage de valeur, de maîtriser les savoirs technologiques et de financer de manière autonome leur développement.
Une troisième émancipation pour le continent
Inscrivant sa démarche dans la continuité des figures majeures des luttes d’émancipation — de Kwame Nkrumah à Cheikh Anta Diop, en passant par Léopold Sédar Senghor, Thomas Sankara et Nelson Mandela —, le Dr Cheikh Kanté plaide pour une « troisième émancipation ». Après la liberté politique/juridique puis la souveraineté nominale, cette nouvelle étape doit être économique, intellectuelle et productive.
À la croisée de l’économie, de l’histoire et de la science politique, « L’arbre qui cache la forêt » pose une question fondamentale pour le XXIe siècle : à quoi sert la croissance si elle ne libère pas les capacités humaines et ne permet pas aux peuples de maîtriser leur propre destin ?


