Pénurie annoncée de Kérosène au Sénégal : comment la tension sur trois produits a causé la raréfaction du carburant aviation…

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Le Sénégal sera confronté à partir de ce mercredi 20 Avril à une pénurie de carburant aviation (kérosène) pour des raisons d’indisponibilité, a annoncé la société de manutention de carburant aviation (SMCADY), une société privée détenue à 100% par les multinationales Total, Vivo et Oil Lybia. Une situation qui pousse certains aéronefs à faire des escales supplémentaires à leur départ de Dakar pour l’avitaillement. Mais comment en est-on arrivé là ? Dakaractu a posé la question à un expert du secteur.
Tout est parti de la guerre entre l’Ukraine et la Russie qui a causé une tension sur trois produits que sont le fuel, le gasoil et enfin le jet A1 ou Kérosène utilisé dans l’aviation. Au Sénégal, la durée provisoire de la pénurie est limitée à deux semaines si l’on s’en fie toujours à la note parue dans la presse hier et destinée au DG de l’AIBD. Mais elle peut aller plus loin, Dakaractu vous explique pourquoi.

Diminution de la fabrication du Kérosène

En plus de la rupture de kérosène annoncée, le stock de gasoil est tendu. Une pénurie du produit est même envisagée. Il faut dire que pour ce carburant, la demande est forte chez les consommateurs et l’offre des fournisseurs en-deçà. Et les prix à la pompe ont connu une augmentation sans précédent depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie puisque d’autres charges sont venues se greffer comme le fret.

La demande en gasoil étant croissante, les raffineries ont diminué la fabrication du Kérosène pour plus de gasoil, ce produit ayant plus d’impact. Ce qui a causé des retards pour les sociétés qui étaient sur Kérosène. Celles qui avaient passé des commandes devraient être livrées dans des délais excédents de loin à la normale.

Cependant il n’existe pour le moment pas de risque de pénurie pour l’essence et le gasoil.

Le pétrole brut « Oural » sous embargo

En Afrique de l’Ouest, en dehors des quatre raffineries présentes au Nigeria, deux seulement fonctionnent pour toutes cette partie de l’Afrique. Et encore elles fonctionnent en deçà de leur capacité. Il s’agit de la Société Africaine de Raffinage (SAR) du Sénégal et de la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR). Les raffineries du Nigéria, malgré que le pays soit producteur de pétrole fonctionnent entre 20 à 30% de leur capacité et donc non performantes.

En outre, un embargo sur l’importation de pétrole depuis la Russie afin de mettre à mal le financement de la guerre en Ukraine par Vladimir Poutine est agité par les puissances étrangères. Pour rappel, en 2021, la Russie a fourni 30% du brut et 15% des produits pétroliers achetés par l’UE. Les raffineurs africains doivent pour se procurer le produit, passer par des traders dont l’activité est d’intervenir sur le marché pour acheter les quantités nécessaires au fonctionnement des raffineries ou pour revendre les excédents non utilisés. Seulement ces dernières dont des banques refusent tout commerce avec la Russie. Se pose aussi le problème de l’embargo sur les bateaux russes les empêchant la circulation dans des eaux territoriales.

Le contournement de tous ces obstacles peut entraîner pour les sociétés de raffinage d’être attaquées sur le côté éthique. Ce qui est une mauvaise publicité dans ce secteur très fermé.

La même situation se pose pour les raffineries en Europe qui sont aussi sous tension.

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